Personnage en terre cuite Nok
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Personnage en terre cuite Nok
Réf: tc-185

Prix:
1750,00 €
Hauteur  27,00 CM
Description du produit

Personnage en terre cuite Nok. Pièce ancienne de plus de 2 000 ans. Pièce sur socle

 

La culture de Nok apparaît dans le Nord du Nigeria vers 1000 av. J.-C. et disparaît brusquement, pour des raisons inconnues, aux alentours de 300 apr. J.-C. On pense qu'elle est l'héritière d'une nation ancestrale qui se serait ramifiée pour donner naissance aux peuples Haoussa, Gbagyi, Birom, Kanouri, Nupe et Jukun. La culture Kwatarkwashi ou culture de Sokoto, localisée au nord-ouest de Nok, est supposée être identique ou être l'ancêtre de la culture de Nok.

Le système social de la culture de Nok semble avoir été hautement avancé. Elle est considérée comme la plus ancienne productrice de sculptures en terre cuite proche de la taille réelle. On trouve des sculptures représentant des cavaliers à cheval, ce qui indique que la culture de Nok connaissait cet animal3, peut-être arrivé d'Afrique du Nord.

Le travail du fer, fonte et forgeage, apparaît dans la culture Nok vers 550 av. J.-C., mais il est possible qu'il soit encore plus ancien. Christopher Ehret (en) a suggéré que la fonte du fer a été pratiquée dans la région dès avant 1000 av. J.-C.

La culture de Nok fut découverte par les Européens en 1928, sur le plateau de Jos, à l'occasion de travaux pour une mine d'étain située en terrain alluvial. Le lieutenant-colonel John Dent-Young, un Anglais, conduisait les opérations minières dans le village nigérian de Nok lorsqu'un des mineurs trouva, à 7 mètres sous le niveau du sol, une tête de singe réalisée en terre cuite. D'autres trouvèrent des têtes humaines ainsi qu'un pied, toujours dans le même matériau. Le colonel, un peu plus tard, déposa ces objets dans un musée de Jos. En 1932, un groupe de onze statues en parfait état fut découvert près de la ville de Sokoto. D'autres statues, provenant de Katsina Ala furent ensuite mises au jour. Quoiqu'elles soient très similaires à celles de Nok, la relation entre les deux sites n’est pas encore clairement établie.

Encore plus tard, en 1943, près du village de Nok, une nouvelle série de figurines fut découverte par accident à l'occasion d'opérations minières. Un ouvrier avait trouvé une tête humaine en terre cuite qu'il avait ramenée chez lui afin qu'elle serve d'épouvantail dans son champ d'ignames. Elle tint ce rôle pendant un an. Elle finit par attirer l’attention du directeur, qui l'acheta. Il apporta la tête à Jos et la montra à l'administrateur civil stagiaire Bernard Fagg (en), qui en compris immédiatement l'importance. Il demanda à tous les mineurs de l'informer de leurs découvertes et fut ainsi en mesure d'accumuler plus de cent cinquante pièces. Après cela, Bernard et Angela Fagg ordonnèrent des fouilles systématiques qui révélèrent des trouvailles dispersées dans une zone beaucoup plus grande que le site originel. En 1977, le nombre de terres cuites découvertes se montait à cent cinquante-trois, principalement issues de dépôts secondaires : les statuettes avaient été charriées par les inondations et retrouvées dans les lits asséchés des rivières de savane au nord et au centre du Nigeria, dans la partie sud du plateau de Jos. Les terres cuites avaient donc été exposées à l'érosion et dispersées à diverses profondeurs, ce qui rend difficile leur classement et leur datation.

Deux sites archéologiques, Samun Dukiya et Taruga, furent découverts, contenant des pièces qui étaient restées en place. Les datations au radiocarbone et par thermoluminescence donnèrent des âges entre 2 000 et 2 500 ans avant l’ère commune (env. 500 av. J.-C.), ce qui fait d'elles quelques-unes parmi les plus anciennes en Afrique de l'Ouest. Beaucoup d'autres dates ont été obtenues depuis, grâce à de nouvelles fouilles, permettant de faire remonter les débuts de la culture Nok encore plus loin dans le temps.

Du fait de la similarité entre les sites, l'archéologue Graham Connah croit que « les œuvres de Nok forment un style qui a été adopté par une large palette de sociétés agricoles, utilisatrices du fer, représentant des cultures variées, plutôt que d'être le marqueur d'un groupe humain particulier comme cela a été souvent affirmé. »

Devenu archéologue, Bernard Fagg, quant à lui, dans ses études concernant la culture de Nok, identifie cette dernière avec les groupes humains du centre du Nigeria, notamment ceux appartenant au groupe ethnique Ham (Jaba), résidant essentiellement au sud de l'État de Kaduna. Fagg fonde sa démonstration sur la similarité entre les pratiques culturelles modernes de ces peuples et les personnages représentés dans l'art Nok.

L'aire de la culture Nok s'étend du nord au sud sur environ 272 kilomètres et, d'est en ouest, sur 240 kilomètres. Une vingtaine de sites ont, à ce jour, révélé des vestiges.

La fonction des sculptures est toujours inconnue, mais un travail scientifique systématique a commencé en 2005 sur les sites afin de situer et comprendre ces sculptures dans leur contexte archéologique.

La majeure partie des terres cuites se retrouvent sous la forme de fragments épars. C'est pourquoi l'art Nok est essentiellement connu pour ses têtes, d'hommes et de femmes, dont les coiffures sont particulièrement détaillées et raffinées. Les statues sont brisées car elles sont habituellement trouvées dans des boues alluviales sur des terrains façonnés par l'érosion de l’eau. Les statues qui s'y trouvent sont cachées et ont été roulées, polies et brisées. Les pièces de grande taille intactes sont rares, ce qui leur confère une grande valeur sur le marché international de l'art.

Les terres cuites sont creuses, fabriquées avec des boudins ; elles sont proches de la taille des têtes humaines et les corps sont représentés de manière stylisée, ornés de nombreux bijoux et dans différentes postures.

On sait peu de choses sur la fonction de ces objets, mais les théories évoquent la représentation des ancêtres, des pierres tombales et des amulettes, destinées à éviter les mauvaises récoltes, l'infertilité et les maladies. On pense aussi, s'appuyant sur le fait que plusieurs pièces sont en forme de dôme, qu'elles ont pu servir de toits à d'anciennes structures.

Margaret Young-Sanchez, du Cleveland Museum of Art, explique que la plupart des céramiques Nok ont été façonnées à la main en utilisant de l'argile à grain grossier et en utilisant un type de sculpture consistant à ôter de la matière, à la manière de la sculpture sur bois. Après séchage, les sculptures étaient recouverte d'une patine et polies afin d'obtenir une surface lisse et brillante. Les objets sont creux, avec plusieurs ouvertures qui facilitent le séchage et la cuisson. Le processus de cuisson ressemblait à celui qui est actuellement utilisé au Nigeria, dans lequel les pièces à cuire sont recouvertes d'herbe, de brindilles et de feuilles et mises à chauffer durant plusieures heures.